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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 17 décembre 2013

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 1 du 2 janvier 2014)

Le nom de famille de Dieu

L’homme est le nom de famille de Dieu : en effet, le Seigneur prend le nom de chacun de nous — que nous soyons saints ou que nous soyons pécheurs — pour le faire devenir son propre nom de famille. Car en s’incarnant, le Seigneur a fait l’histoire avec l’humanité, sa joie a été de partager sa vie avec nous, « et cela fait pleurer, tant d’amour, tant de tendresse ». C’est avec la pensée tournée vers Noël que le Pape François a commenté, le 17 décembre, les deux lectures proposées par la liturgie de la parole, tirées respectivement de la Genèse (49, 2.8-10) et de l’Évangile de Matthieu (1, 1-17). Le jour de son soixante-dix-septième anniversaire, le Saint-Père a présidé, comme de coutume, la messe du matin concélébrée par le cardinal Angelo Sodano qui lui a présenté les vœux du collège cardinalice. Dans l’homélie, axée sur la présence de Dieu dans l’histoire de l’humanité, l’Évêque de Rome a défini par deux termes — héritage et généalogie — les clefs pour interpréter la première lecture (concernant la prophétie de Jacob qui rassemble ses enfants et prédit une descendance glorieuse à Judas) et le passage évangélique contenant la généalogie de Jésus. « Dieu marche avec son peuple », car « il n’a pas voulu venir nous sauver sans histoire ; il a voulu faire l’histoire avec nous ». Une histoire, a affirmé le Pape, faite de sainteté et de péché, car dans la liste de la généalogie de Jésus on trouve des saints et des pécheurs. Parmi les premiers, le Pape a rappelé « notre père Abraham » et « David, qui après le péché s’est converti ». Parmi les deuxièmes, il a trouvé « des pécheurs de haut niveau, qui ont commis de grands péchés », mais avec lesquels Dieu également « a fait l’histoire ». Des pécheurs qui n’ont pas su répondre au projet que Dieu avait imaginé pour eux, comme « Salomon, si grand et intelligent, qui a fini comme un misérable qui ne savait même plus comment il s'appelait ». Et pourtant, a constaté le Pape François, Dieu aussi était avec lui. « Et c’est cela qui est beau, Dieu fait l’histoire avec nous. De plus, quand Dieu veut dire qui il est, il dit : je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob ». Voilà pourquoi à la question : « Quel est le nom de famille de Dieu ? », pour le Pape François il est possible de répondre : « C’est nous, chacun de nous. Il nous prend notre nom pour en faire son nom de famille ». Et dans l’exemple offert par le Pape, on ne trouve pas seulement les pères de notre foi, mais aussi des personnes communes. « Je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, de Pedro, de Marietta, d’Armony, de Marisa, de Simone, de tous. C’est de nous qu’il prend son nom de famille. Le nom de famille de Dieu est chacun de nous », a-t-il expliqué. « La sainteté » est précisément « laisser le Seigneur écrire notre histoire ». Et tel est le vœu de Noël que le Pape a voulu former « pour nous tous ». Un vœu qui est une invitation à ouvrir notre cœur : « Fais que le Seigneur écrive l’histoire pour toi, et que tu la lui laisses écrire ».



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