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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Jeudi 19 décembre 2013

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 1 du 2 janvier 2014)

Si l’homme essaie de se sauver seul

L’homme ne se sauve pas seul et ceux qui ont eu l'orgueil d’essayer, même parmi les chrétiens, ont échoué. Car seul Dieu peut donner la vie et le salut. Telle est la méditation, de l’Avent, que le Pape François a proposée au cours de la messe du 19 décembre. En partant, comme de coutume, de la liturgie du jour, le Pape a voulu rappeler que « la vie, la capacité de donner la vie et le salut ne viennent que du Seigneur » et non pas de l’homme, qui n’a pas « l’humilité » de le reconnaître et de demander de l’aide. « De nombreuses fois » dans l’Écriture, il est question « de la femme stérile, de la stérilité, de l'incapacité de concevoir et de donner la vie ». Mais nombreuses sont également les fois où a lieu « le miracle du Seigneur, qui fait que ces femmes stériles peuvent avoir un enfant ». Le Pape François a observé que dans les paroles des « prophètes, il y a l'image du désert : la terre déserte, incapable de faire pousser un arbre, un fruit, de faire germer quelque chose ». Pourtant, précisément « le désert sera comme une forêt. Les prophètes disent : il sera grand, il fleurira ! ». Donc « le désert peut fleurir » et « la femme stérile peut avoir la vie » uniquement dans la perspective de la « promesse du Seigneur : moi je peux ! Je peux, de votre sécheresse, faire croître la vie, le salut ! Je peux, de l’aridité, faire pousser les fruits ! ». Le salut « est l’intervention de Dieu qui nous rend féconds, qui nous donne la capacité de donner la vie », qui « nous aide sur le chemin de la sainteté ». D’où la question du Pape : « Mais de notre côté, que devons-nous faire ? ». Avant tout, a répondu le Pape, « reconnaître notre sécheresse, notre incapacité à donner la vie ». Puis, « demander ». Et il a formulé ainsi la requête qui devient prière: « Seigneur, je veux être fécond ; je veux que ma vie donne la vie, que ma foi soit féconde et se développe et que je puisse la donner aux autres. Seigneur, je suis stérile ; je ne peux pas, tu peux. Je suis un désert ; je ne peux pas, tu peux ». Et « que cela soit — tel a été son souhait — la prière de ces jours avant Noël ». Cela laisse à penser, a poursuivi le Pape, « que les orgueilleux, ceux qui croient qu’ils peuvent tout faire tout seuls, sont frappés ». Et il s’est référé en particulier « à la femme qui n'était pas stérile, mais qui était orgueilleuse et qui ne comprenait pas ce que signifiait louer Dieu : Micol, la fille de Saül. Elle a été punie par la stérilité ». L’humilité est un don nécessaire pour être féconds. « Combien de personnes — a observé le Pape — croient être justes, comme elle, et à la fin sont des misérables ! ». Ainsi, a conclu le Pape, « avec cette humilité, humilité du désert, humilité de l'âme stérile » nous devons « recevoir la grâce : la grâce de fleurir, de donner du fruit et de donner la vie ».



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