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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Mardi 16 septembre 2014

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 40 du 2 octobre 2014)

Quand Dieu rend visite

À travers son témoignage, le chrétien doit manifester aux autres les mêmes attitudes que celles de Dieu quand il visite son peuple : la proximité, la compassion, la capacité de rendre l’espérance. « Dieu a visité son peuple » est une expression « qui se répète dans l’Écriture », a immédiatement fait remarquer le Pape en se référant à l’épisode évangélique du fils de la veuve de Naïm raconté par Luc (7, 11-17). Donc, « quand Dieu visite son peuple, cela signifie que sa présence est en particulier là ». Et, a souligné François en rappelant l’épisode de Naïm, « dans ce passage de l’Évangile, où l’on raconte la résurrection de ce jeune garçon, fils d’une mère veuve, le peuple dit cette parole : Dieu nous a visités ». Pourquoi utilise-t-il cette expression ? Uniquement parce que Jésus — s’est demandé le Pape — « a fait un miracle ? ». En réalité il y a « plus ». En effet, la question fondamentale est de comprendre « comment visite Dieu ». Il visite « tout d’abord par sa présence, par sa proximité ». En outre, « il y a une expression qui se répète très souvent dans la Bible : “Le Seigneur fut pris d’une grande compassion” ». Et c’est précisément la même compassion qu’il éprouvait, dit l’Évangile, après avoir vu de nombreuses personnes comme des brebis sans pasteur ». C’est alors un fait que « quand Dieu visite son peuple, il est proche de lui, il s’approche de lui et éprouve de la compassion : il s’émeut ». Il « est profondément ému, comme il l’a été devant la tombe de Lazare ». Il est ému comme le père, dans la parabole, quand il voit revenir le fils prodigue à la maison. « Proximité et compassion : c’est ainsi que le Seigneur visite son peuple ». Et « quand nous voulons annoncer l’Évangile, porter de l’avant la parole de Jésus, cela est le chemin ». En revanche, « l’autre chemin est celui des maîtres, des prêcheurs de l’époque : les docteurs de la loi, les scribes, les pharisiens ». Des personnages « éloignés du peuple », qui « parlaient bien, enseignaient bien la loi ». Pourtant ils étaient « éloignés ». Aux termes « proximité » et « compassion », le Pape a ajouté « un autre mot qui est propre au moment où le Seigneur visite son peuple ». Luc écrit : « Le mort s’assit et commença à parler, et lui — Jésus — le rendit à sa mère ». Donc « quand Dieu visite son peuple, il rend l’espérance à son peuple. Toujours ! ». À ce propos, François a fait remarquer que « l’on peut prêcher la Parole de Dieu brillamment » et « qu’il y a eu au cours de l’histoire tant de braves prédicateurs: mais si ces prédicateurs n’ont pas réussi à semer l’espérance, cette prédication est inutile. C’est de la vanité ». Ainsi, nous pouvons « demander la grâce que notre témoignage de chrétiens soit porteur de la visite de Dieu à son peuple, c’est-à-dire d’une proximité qui sème l’espérance ».

 



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