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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE
EN LA CHAPELLE DE LA MAISON SAINTE-MARTHE

Jeudi 1er octobre 2015

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 41 du 8 octobre 2015)

La nostalgie de chez soi

C’est la « nostalgie de Dieu » qui nous conduit à trouver en lui notre véritable « identité ». Fort de cette conscience, mûrie également à travers l’histoire du peuple d'Israël, le Pape a invité à regarder en soi-même, précisément pour que cette « nostalgie » ne s’éteigne jamais dans notre cœur. Le Pape s’est référé à la première lecture, tirée du livre de Néhémie (8,1-4.5-6.7-12), pour rappeler que le texte constitue « le final d’une longue histoire, de décennies, d’années d’histoire : le peuple d’Israël avait été déporté à Babylone, il était loin de Jérusalem, et depuis des années, des dizaines d’années, il vivait là ». Et « beaucoup, beaucoup d’entre eux s’habituèrent à cette vie et oublièrent leur patrie ». Mais « il y avait quelque chose en eux qui les faisaient toujours se souvenir ». Toutefois, « c’était un souvenir impossible, lointain, un passé qui ne serait jamais revenu ». Jusqu’à ce que « Néhémie, un israélite très proche du roi, ne réussisse à avoir la permission de revenir à Jérusalem pour la rebâtir, car elle était entièrement en ruine ». C’est ainsi que « commence cette histoire, qui dure des années, du retour à Jérusalem ». « C’est une histoire difficile, car ils devaient apporter du bois, ensuite trouver des pierres pour construire les murs, mais là aussi certains ne voulaient pas et détruisaient les nouveaux murs ». Ensuite, « ils ont détruit les autels des idoles et ont élevé l’autel de Dieu, le temple, lentement ». Et « à la fin, arrive ce jour dont nous avons entendu parler aujourd'hui : ils ont trouvé le livre de la Loi ». C’est précisément « Néhémie qui demande au scribe Esdras de le lire devant le peuple, tout le peuple, devant eux sur la place ». Et ainsi, « le scribe Esdras, aidé par d’autres scribes, lisait la Loi et ce peuple commença à sentir que le souvenir qu’il avait était vrai ». Ce peuple « a senti ce que le psaume dit si élégamment : « Quand le Seigneur rétablit le sort de Jérusalem, notre bouche se remplit de sourire ». C’était véritablement « un peuple heureux ». Le Pape a indiqué un fait « curieux » : « Tout le peuple pleurait pendant qu’il écoutait les paroles de la Loi : mais il pleurait de joie, il pleurait parce qu’il avait trouvé son identité, il avait retrouvé cette identité qui s’était un peu perdue avec les années de déportation ». Pour le peuple d'Israël cela a été « un long chemin ». Ainsi Néhémie recommande : « Ne vous attristez pas, car la joie du Seigneur est votre force ». C’est « la joie que donne le Seigneur quand nous trouvons notre identité ». La question posée par François est donc comment faire pour trouver sa propre identité : « Il y a un fil qui te conduit là : il y a la nostalgie, la nostalgie de chez toi ». Au point que « quand tu as perdu ce qui était à toi, ta maison, ce qui était vraiment à toi, tu ressens cette nostalgie et cette nostalgie te conduit à nouveau chez toi ». Il en a précisément été ainsi pour le peuple d’Israël. Suggérant un examen de conscience, François a proposé cette réflexion : « Si nous, par exemple, nous sommes rassasiés de nourriture, nous n’avons pas faim; si nous sommes confortables, tranquilles où nous sommes, nous n’avons pas besoin d’aller ailleurs. Et je me demande, et il serait bon que nous nous demandions tous aujourd'hui : suis-je tranquille, content, n’ai-je besoin de rien — spirituellement, j’entends — dans mon cœur ? Ma nostalgie s’est-elle éteinte ? ». Le Pape a invité à nouveau à regarder le peuple « heureux qui pleurait et était joyeux : un cœur qui n’a pas de nostalgie ne connaît pas la joie ». Et « la joie est précisément notre force : la joie de Dieu ». Le passage du livre de Néhémie se conclut par l’image de tout le peuple qui « alla manger, boire et exulter avec une grande joie, car ils avaient compris les paroles qui leur avaient été proclamées ». En somme, ils avaient trouvé « ce que la nostalgie leur faisait ressentir » pour « aller de l’avant ». En conclusion, le Pape a insisté pour que nous nous demandions tous « comment est notre nostalgie de Dieu : sommes-nous contents ainsi ou ressentons-nous tous les jours ce désir d’aller de l’avant ? ». Et dans la prière, il a demandé « que le Seigneur nous donne cette grâce : que jamais, jamais, jamais ne s’éteigne dans notre cœur la nostalgie de Dieu ».

 



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