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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Jeudi 18 septembre 2014

 

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n° 40 du 2 octobre 2014)

Le parfum de la pécheresse

Le Seigneur sauve « uniquement celui qui sait ouvrir son cœur et se reconnaître pécheur ». Tel est l’enseignement que le Pape François a tiré du passage liturgique de l’Évangile de Luc (7, 36-50). Il s’agit du récit de la pécheresse qui, après un repas dans la maison d’un pharisien, sans même être invitée, s’approche du Christ avec un « vase de parfum » et « se plaçant par derrière, à ses pieds, tout en pleurs », elle commence « à lui laver les pieds de ses larmes », puis les essuie « avec ses cheveux », les couvre de baisers, les oint de parfum. Le Pape a expliqué que précisément « reconnaître les péchés, notre misère, reconnaître ce que nous sommes capables de faire ou que nous avons fait est la porte qui s’ouvre à la caresse de Jésus, au pardon de Jésus, à la parole de Jésus : va en paix, ta foi te sauve, parce que tu as été courageux, tu as été courageuse d’ouvrir ton cœur à celui qui seul peut te sauver ». À ce propos, le Pape a répété une expression qui lui est particulièrement chère : « le lieu privilégié de la rencontre avec le Christ sont nos propres péchés ». La réalité se dévoile derrière la façade des bonnes manières, avec le pharisien qui pense: « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est: une pécheresse ! ». Cet homme « n’était pas méchant », et pourtant, il n’arrive pas à comprendre ce geste de la femme. Il ne réussit pas à comprendre les gestes élémentaires des gens ». En somme, « il était éloigné de la réalité ». Ce n’est qu’ainsi que s’explique « l’accusation » adressée à Jésus : « Celui-ci est un saint ! Il nous parle de belles choses, il fait un peu de magie ; c’est un guérisseur ; mais à la fin il ne connaît pas les gens, parce que s’il savait le type de femme qu’elle était, il aurait dit quelque chose ». Voici alors « deux attitudes » très différentes l’une de l’autre: d’une part, celle de l’« homme qui voit et qualifie », juge; de l’autre, celle de la « femme qui pleure et fait des choses qui semblent des folies » parce qu’elle utilise un parfum qui « est cher, coûteux ». En particulier, le Pape s’est arrêté sur le fait que dans l’Évangile, on utilise le terme « onction » pour signifier que le « parfum de la femme oint » : il a la capacité de devenir une « onction », à l’opposé des paroles du pharisien qui « n’arrivent pas au cœur, n’arrivent pas au corps, n’arrivent pas à la réalité ». Entre ces deux figures si opposées se tient Jésus, avec « sa patience, son amour », sa « volonté de sauver tous », qui « le conduit à expliquer au pharisien ce que signifie ce que fait cette femme » et à le réprimander, bien qu’« avec humilité et tendresse », pour avoir manqué de « courtoisie » à son égard. « Je suis entré dans ta maison — lui dit-il — et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; tu ne m’as pas donné de baisers ; tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête. Elle, au contraire, a fait tout cela : avec ses larmes, avec ses cheveux, avec son parfum ». Le Pape a également souligné que l’Évangile ne dit pas « comment l’histoire a fini pour cet homme », mais il dit clairement « comment l’histoire a fini pour la femme : “Tes péchés sont remis !” ». Voilà alors l’enseignement de l’Évangile : « Le salut entre dans le cœur uniquement lorsque nous ouvrons notre cœur dans la vérité de nos péchés ».

 

 



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