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PAPE FRANÇOIS

MÉDITATION MATINALE EN LA CHAPELLE DE LA
MAISON SAINTE-MARTHE

Amis jusqu’au bout

Lundi 14 mai 2018

(L'Osservatore Romano, Édition hebdomadaire n°023 du 7 juin 2018)

Tous les chrétiens ont reçu en don l’amitié de Jésus: «Notre destin est d’être ses amis» et il reste «fidèle à ce don» même quand «nous, à cause de notre faiblesse, nous nous éloignons de lui». Tel est l’enseignement que le Pape François a tiré des lectures liturgiques du jour, fête de saint Matthias apôtre.

«Dans la liturgie d’aujourd’hui, il y a un mot qui se répète de nombreuses fois»: c’est «le mot “sort”». «Ici, il est synonyme de destin». D’où le point de départ pour la réflexion sur le thème de l’amitié de chaque chrétien avec Jésus. «Nous avons reçu ce don comme destin: l’amitié du Seigneur. C’est notre vocation: vivre en amis du Seigneur». Et le même don avait été reçu par les apôtres : «plus fort encore, mais le même».

Donc, «nous tous chrétiens avons reçu ce don: l’ouverture, l’accès au cœur de Jésus, à l’amitié de Jésus. Nous avons reçu comme sort le don de ton amitié. Notre destin est d’être tes amis». S’arrêtant ensuite sur les caractéristique de ce don, le Pape a souligné qu’il s’agit d’un «don que le Seigneur conserve toujours» et que «lui est fidèle à ce don». Tandis qu’au contraire, «tant de fois, nous ne le sommes pas et nous nous éloignons, avec nos péchés, avec nos caprices et tant d’autres choses». En revanche, «lui est fidèle à l’amitié parce qu’il nous a appelés à la vivre. Il nous a élus pour cela, pour être ses amis : “Je ne vous appellerai plus serviteurs — dit-il dans l’Evangile de Jean (Jn 15, 9-17) — mais amis”. Et il garde ce mot jusqu’au bout».

A ce propos, le Pape a demandé de penser avec attention à «quelle a été le dernier mot» que Jésus «adresse à Judas, précisément au moment de la trahison». Et la réponse est surprenante: «“Judas, ami”. Quand Judas était précisément sur le point de le livrer, il lui dit “ami”, il lui rappelle cela. Parce qu’il est fidèle». Le Seigneur «ne dit pas: “Va-t’en parce que tu t’es éloigné de moi. Va-t’en”. Non! Jusqu’au bout, il est fidèle à ce don qu’il nous a donné à tous: le don de l’amitié».

Par conséquent, «Jésus est notre ami. Et Judas, comme il le dit ici, est allé vers son nouveau sort, son destin qu’il a choisi librement, il s’est éloigné de Jésus». Et cet «éloignement de Jésus» s’appelle «apostasie. Un ami qui devient ennemi ou un ami qui devient indifférent ou un ami qui devient traître». Tandis qu’au contraire, «le Seigneur ne renie pas, jusqu’au bout il est là: “Judas, ami”. Jusqu’au bout». Et cela, tel est le conseil de François, «doit nous faire réfléchir».

Du reste, la première lecture, tirée des Actes des apôtres (1, 15-17.20-26), met elle aussi en lumière que «Matthias a été élu à la place de Judas pour être témoin de la Résurrection, témoin de ce don d’amour, d’amitié, plus que d’amour, c’est de l’amitié, qui parle de familiarité dans l’amour. Parce que Jésus lui-même dit: “Voici, vous êtes mes amis, je ne vous appelle plus serviteurs parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître. Mais moi je vous ai appelés amis parce que tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître”».

En effet, «l’ami est celui qui partage précisément les secrets avec l’autre». Et étant donné que «nous avons reçu comme sort, c’est-à-dire comme destin, le don de l’amitié de Jésus, comme l’avait reçu Judas, comme l’avait reçu Matthias», le Pape a invité à penser «à cela»: c’est-à-dire au fait que le Christ «ne renie pas ce don, il ne nous renie pas, il nous attend jusqu’au bout. Nous devons demander à Jésus cette grâce de demeurer dans son amour, demeurer dans son amitié, cette amitié que nous avons reçue de lui comme don du sort».

 



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